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Exposition Désirée Engelen


Cette première exposition de l'artiste Désirée Engelen à la galerie débutera le jeudi 17 mai et durera jusqu'au samedi 28 juillet.

" Peindre, peindre. Toujours peindre. Encore peindre. Le mieux possible, le vide et le plein, le léger et le dense, le vivant et le souffle."
 Zao Wou Ki

 

 

Les grandes toiles de Désirée Engelen incarnent un langage abstrait, réveillant une force tranquille, physique et spirituelle. Le geste y danse comme une évidence, rythmant un univers où espaces positifs et négatifs évoquent les éléments ; de la fluidité de l’eau à la dureté de la roche. La composition de chaque toile suggère un mouvement instinctif, semblable à une source de liberté, loin de toute pensée critique. Désirée Engelen traduit l’émotion, par une recherche ininterrompue de la poétique du geste, comme moteur créatif. 

Par l’acte de peindre, Désirée Engelen s’approprie le geste à bras le corps, au plus abstrait soit-il, source de questionnement perpétuel. Par l’affranchissement de la représentation du sujet, le geste s’adonne à un espace libre dédié à la spontanéité de l’action. De fait, l’énergie intérieure inscrit les pulsations vitales dans une quête de structure de l’espace pictural. Ces vibrations évoquent un lâché prise, sinon, une mise à nu de l’âme par le geste. Ainsi, sur chaque toile se joue le temps du geste, par l’expérience même de la peinture.

L’espace pictural pour Désirée Engelen se refuse à la perfection tandis qu’une à une, les compositions investissent les pleins autant que les vides pour en devenir une « entité vivante » décrite par François Cheng. Par le saisissement du geste, autant physique que spirituel, Désirée Engelen répond à l’invitation d’une médiation. L’imperfection de l’action esquisse sa beauté, appris de la philosophie japonaise du Wabi Sabi. S’appuyant sur la beauté des choses imparfaites, le langage pictural émancipe ainsi le geste dans son unicité et sa spontanéité, dans l’intensité de sa manière. 

Chez Désirée Engelen, la forme engendre le geste et détermine son expression. Le format carré de la série « Happy » (2015-2016) révèle la curiosité et le bonheur de l’artiste dans sa rencontre avec l’abstraction. Dans chaque toile s’amorce la construction d’un geste contrôlé où s’impose une rigueur. Cependant, les « Happy » interagissent à la manière d’une dualité complémentaire, à la série des « Bi » (2015-2017), en référence au disque chinois.  Les « Bi » se matérialisent par le format du tondo, dont le cercle parfait confère un sentiment de liberté sans frontière. De formation de peintre figuratif pour grands décors, Désirée Engelen ne conserve que la folie des grandeurs et entame ainsi une exploration des limites du format. Devenu source d’infini et d’harmonie, l’espace du tondo s’étend pour envelopper et confronter le corps de l’artiste autant que celui du regardeur. Dès lors, la forme universelle du cercle incarne l’univers comme un tout onirique et installe le geste au cœur de la plénitude, orchestré par la profondeur du format. 

Désirée Engelen recherche l’équilibre de la composition par l’harmonie du dense et du silence. Aucune revendication interprétative n’est à percevoir sinon celle de l’âme humaine traduite par et dans le geste. Chaque toile s’accomplis par la caresse du pinceau et investit l’espace déployé du format. Par son incarnation dans la forme, l’énergie du geste résonne pour s’adresser à l’intériorité, vers l’éclosion des émotions.  

Earlier Event: April 5
Art Paris Art Fair
Later Event: May 25
Paris Gallery Week End